Carozzi and Ardisson : the new generation of women in Design

Nous retrouvons les artistes et designers italiennes Elena Carozzi, wallpaper designer, et Angela Ardisson, designer de luminaires, au studio d’architecte Bastianello/Costa/Marchetti/Fabro situé dans l’écrin du palais antique Belgiojoso, où elles exposent ensemble le projet « Riflesso Botanico » pour la Design Week de Milan dans le district du centre historique des 5 Vie.

Riflesso Botanico in Palazzo Belgiojoso (Milan)

Delphine : Pouvez-vous nous présenter vos créations pour cette installation présentée a la Design Week de Milan ?

Angela : Je représente un groupe de quatre femmes designers Artplayfactory. La philosophie qui sous-tend le travail de notre studio est « L’Art de vivre compte ». Nos créations sont à la frontière entre le Design et l’Art. La partie technique de notre travail de recherche est la composante Design. Pour cette collection, nous avons mené des recherches sur le verre Borosilicato et sa déformation pour lui donner la forme de grands joyaux pour nos créations de luminaires. Le verre Borosilicato est très utilisé en chimie pour ses propriétés de grande résistance a la chaleur.

Delphine : Quelle est la part artistique de votre travail

Angela : Nos créations sont comme de grands joyaux avec au centre des leds qui créent un jeu de lumière et de réflexion sans discontinuité entre le laiton de la lampe et le verre.
Cette collection de lampes est comme une narration poétique. Nous avons exprimé avec cette collection une forme de gratitude et d’hommage à la Terre. Le nom du projet Maka signifie Terre en Lakota, le langage des indiens américains.

Elena : Pour cette installation, j’ai créé des peintures sur papiers peints en pensant spécifiquement à cet espace du studio d’architecture et aux lampes d’Angela. Une salle présente des papiers peints avec des dessins à la main et l’autre salle des papiers peints imprimés, car cette collection est destinée a être produite de façon plus mécanique et industrielle dans un second temps. Et pour la troisième salle je me suis laissée inspirée par le thème des Arazzi (tapisseries) des palais antiques italiens comme celui-ci et de mon sujet de prédilection sur les animaux et la Nature.

Delphine : Comment est venue l’idée de cette exposition ensemble ? Qu’avez-vous en commun dans votre travail?

Elena : Maria Bastianello du Studio d’Architecture Bastianello/Costa/Marchetti/Fabro a souhaité nous avoir pour cette exposition dans leur espace du palais Belgioioso et a collaboré à cette installation. C’est une première collaboration avec Angela mais nous nous sommes retrouvées sur la démarche et les intentions de notre travail : la recherche intense dans le travail et la précision tout d’abord, dans des domaines pourtant complètement différents, Angela plus technique sur les matériaux. Notre inspiration et notre intérêt pour la nature nous rapprochent également ainsi que notre volonté forte d’exprimer nos pensées au travers de nos créations.

Delphine : Que représente pour vous le Salone del mobile et la Design Week?

Angela : Le salone del mobile est très important pour nous designers. C’est le moment de l’année où l’on peut présenter notre travail. Notre groupe a travaillé énormément pour présenter le fruit de notre recherche sur le verre et lui donner la forme de joyaux

Delphine : Votre installation est le résultat d’une collaboration au féminin. Pouvez-vous nous dire comment sont représentées les designers et architectes Femmes dans le monde du Design aujourd’hui et dans l’histoire ?

Angela : Le monde du design est encore très masculin, il y a beaucoup moins de femmes architectes ou designers connues, contemporaines ou historiques, que d’hommes. On n’a pas encore appris à apprécier les particularités du Design au féminin.

Elena : Aujourd’hui je sens un intérêt basé sur l’objet de Design plutôt que sur qui le produit. Peut-être que cela nous portera à la parité ? Le beau compte plus que de savoir qui l’a créé. On ressent une grande force qui ressort du travail de Design au féminin, et je dirais que d’après mon expérience personnelle, un profane regardant notre travail penserait que cette force provient d’une main masculine.

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